Disciplines

DANSE JAZZ / DANSE THEATRALE « Musical Dance » (DANSE adaptée au Théâtre Musical)

 

Le « Jazz » est à l’origine un mouvement regroupant la musique, le chant et la danse.

 

Il est né aux Etats-Unis à la Nouvelle-Orléans, entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle, d’une rencontre des cultures traditionnelles africaines et européennes se côtoyant depuis près de trois siècles avec la mise en place du « commerce triangulaire » et l’arrivée des premiers esclaves noirs en Amérique. Le Jazz, expression populaire puis artistique initialement afro-américaine, est donc le fruit d’un métissage culturel riche et complexe.

 

Tout comme la musique et le chant, la danse Jazz est au départ basée sur l’improvisation. Elle regroupe les danses de société des années 1920, issues de la musique swing, comme le charleston, le lindy hop (…), mais aussi les claquettes et les danses de revue.

 

Avec l’arrivée du cinéma parlant en 1927, les célèbres films musicaux hollywoodiens vont connaître un essor fulgurant dans le même temps que les comédies musicales à Broadway, ce qui donne place au développement progressif d’une véritable technique permettant aux danseurs d’être polyvalent et d’apprendre rapidement des chorégraphies de grande virtuosité rythmique et technique. On considère alors Jack Cole, danseur, chanteur, acteur, metteur en scène, enseignant pluridisciplinaire et chorégraphe novateur créant une danse théâtrale mêlant danse Modern, danse ethnique indienne, claquettes sur de la musique swing, comme étant le père de ce que l’on nommera plus tard la « danse Jazz ». C’est lui qui, en 1944,  impose à la Columbia Pictures d’ouvrir un département de danse, qui existera jusqu’en 1948, au sein d’Hollywood afin de former lui-même les danseurs. Sa technique sera profondément développée et enseignée en France dès les années 1970 par son disciple Matt Mattox.

Parallèlement à cette évolution autour du « musical », Katherine Dunham, une des premières anthropologues afro-américaines, danseuse, chanteuse, actrice, metteur en scène, enseignante, chorégraphe que l’on considère comme étant la mère de la danse Jazz,  développe une technique s’inspirant de la danse Modern et des danses caribéennes notamment issues d’Haïti. En 1945, elle ouvre son école, la Dunham School of Dance and Theatre, à New York. Si elle travaille aussi dans le champ du divertissement, son écriture chorégraphique engagée marque particulièrement la scène noire américaine à travers la New Dance League. C’est Walter Nicks qui a introduit et transmis, lui aussi dans les années -60/-70, la technique Dunham en France.

 

Depuis, la danse Jazz que l’on appelle aussi Modern Jazz, riche de son héritage afro-américain fait de mélange entre danse spirituelle, danse populaire et danse savante, n’a cessé d’évoluer à travers le monde. Si elle reste reconnaissable par un ensemble de mouvements, véhiculés par une terminologie pointue, et des fondamentaux qui sont à la base de cette esthétique, aujourd’hui, la danse Jazz revêt presqu’autant de visages qu’il y a d’enseignants et de chorégraphes : elle est dans un processus de transformation continue.

Dans un premier temps directement liée à la musique Jazz, la danse Jazz a aussi évolué à travers d’autres musiques en général afro-américaines, à la rythmique d’une grande richesse, syncopée et dont l’ « after-beat » - le contretemps - est accentué. La palette musicale de la danse Jazz est donc devenue très large : work-song, negro-spiritual, gospel, blues, ragtime, boogie woogie, swing, charleston, be bop,  rythm’n blues, latin jazz (bossa nova, samba, salsa, mambo..), soul, funk, jazz rock, acid jazz, jazz fusion, r’n’b (à partir des années 1990), hip-hop mais aussi la musique électronique.

 

La danse Jazz, dont la caractéristique première est le métissage et dont la résultante directe du travail qu’offre sa technique est la polyvalence, donne une grande liberté d’expression. C'est pourquoi, les professeurs qui sont aussi chorégraphes des spectacles de l'ECM de Paris peuvent ainsi s'adapter à la thématique de chaque comédie musicale qui ne s’inscrit pas forcément dans une esthétique Jazz. La danse devient alors plus théâtrale d’où la dénomination américaine de « musical dance ». Les tableaux chorégraphiques ont pour but de servir le propos tout en continuant de faire évoluer l’histoire.

La place de la danse dans la comédie musicale prend alors tout son sens.

 

Texte écrit par Linda Faoro

© 2015 by ECM de Paris / Graphisme G. Béguin

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